Commençons donc par L'IRC et son début lors d'un mythique rallye de Monte-Carlo. En effet les organisateurs, libérés du joug du WRC, nous ont gratifié d'un parcours regroupant les hauts lieux du Monte traditionnel (St Bonnet le Froid, Peira Cava, Lantosque, St Nazaire le Désert, St Jean en Ryans, Labatie d'Andaure, Lamastre, La Bollène, Lucéram...). La météo fut pour le moins complexe et joueuse également. Bref un VRAI rallye...
Car c'était bien là l'attente de la part du public : le retour à un rallye où le couple pilote-copilote a un rôle prépondérant (cf. course de Ballet en 205 en 1987) par rapport à la monture, le retour à une gestion de la course (cf. Vatanen en 1985), la capacité à s'adapter à toutes les conditions de route neige, sec, gras-mouillé, verglas, nuit), le retour de la nuit (OK "demi-nuit" serait plus approprié) du Turini.
Enfin, on doit souligner et encourager l'investissement de la chaine TV Eurosport (et de la RTBF pour les commentaires savoureux de leurs consultants...) qui nous a proposé en prime time, en direct et en ligne des spéciales entières avec caméras embarquées et sur le bord de la route, interviews à l'arrivé des ES. A ma connaissance, c'est la première fois que cela se produit à une telle échelle (à part la faible tentative au TdC 99 par FranceTélévisions).
Passons maintenant à la course. Le plateau, toute proportion gardée et en comparant au grand frère WRC, est des plus attractifs : Vouilloz, Rossetti, Basso, Meeke, le fils Alen, Ogier, Sarrazin, Loix, Gardemeister, Auriol pour sa dernière (?) course et l'attraction Skoda Fabia S2000. Cette dernière sort de plus d'une année de mise au point (avec notamment Panizzi et Kopecky en ouvreur de l'IRC 2008) et s'annonce très compétitive.
Que retenir de cette course?
-Génies confirmés : Sébastien Ogier-Julien Ingrassia sur une voiture qu'ils découvraient (207 S2000 du défi BF Goodrich), démarrent prudemment, se portent dans le groupe de tête, profitent de l'optimisme de certains, des conditions et de leur talent pour passer en tête, gèrent "à la manière de...". Tout est dit, ceux là iront loin.
-Coucou le revoilà : Freddy Loix partagé entre la tête de l'IRC (Ogier étant venu seulement en "one-shot") et l'appât de la victoire, choisira de ne pas tenter le diable lors de la dernière nuit avec un copilote qu'il découvrait.
-Haut et bas : Stéphane Sarrazin confirme qu'il n'est pas qu'un très grand pistard. Cependant il alterne toujours le très bon et le moins bon. Sa sortie après calage du moteur à trente à l'heure sur un freinage piégeux en est l'illustration. Sa remontée fut météorique puisqu'il finit à 3'30 après avoir perdu 4' dans sa mésaventure. Etait-il, pour autant, en mesure de gagner le MC? Je ne le pense pas mais il aurait chatouillé le duo précédent, c'est certain.
-Débuts encourageants : La Skoda est une excellent bête de course. La première place de Hanninen (on aurait plutôt parié sur Kopecky) le démontre. Dans sa volonté de bien faire, Juho mettra la voiture hors course et Kopecky servira de paratonnerre mécanique (la DA sera à revoir).
-Décevants : Gardemeister nous a fait oublier son podium en 307 privé Astra. Il était desservi par une Fiat hors du coup. En parlant de Fiat, Alen, Rossetti, Basso, Burri étaient absents même lorsque leur monture les laissait tranquilles...
Côté Peugeot, on n'aura vu Auriol que quelques km après un pari hasardeux en slicks dans la première ES. Espérons que cette sortie ne sera pas définitive pour le divin chauve de Millau.
Que dire de Nicolas Vouilloz qui avait la pression du champion sortant (IRC 2008) et d'être natif du coin? Sa prestation fut un brouillon sans fil directeur. Il reviendra mais le lutin Seb Ogier est le véritable espoir du rallye français au haut niveau en espérant qu'il ne fasse pas trop d'ombre aux autres...
A la prochaine
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